La pêche au macaroni

R. Portier

Décembre 1947

Dans nos contrées, à partir de la mi-novembre, nous ne pouvons plus guère compter sur la capture des gros cyprins, barbeaux, brèmes, carpes ou tanches ; celle même de la « blanchaille » devient à peu près nulle. Il est, cependant, quelques autres poissons que les basses températures laissent à peu près indifférents et qui continuent à mordre plus ou moins bien à la ligne. De ce nombre est le chevenne de bonne taille, dont la chair blanche et grasse, malgré ses arêtes, n’est point du tout à dédaigner.

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La pêche au ver de terre

Marcel Lapourré

Mars 1949

Depuis que le premier homme a eu l’idée d’extraire de l’onde un de ses habitants, à l’aide d’un fil et d’un hameçon, il a, très probablement, utilisé le ver de terre (lumbricus) comme appât, d’abord parce qu’il est accepté avec empressement par tous les poissons, ensuite parce qu’il est très facile de se le procurer.

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Pourquoi le poisson, quel qu’il soit, est-il si friand de cet annélidé qui ne vit pas, comme les larves aquatiques, dans le lit de la rivière ?

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Mouche exacte et mouche de fantaisie

P.Carrère

Octobre 1949

On a dit que deux pêcheurs de force égale pêchant l’un avec la mouche exacte, l’autre avec la mouche fantaisie, auront fait sensiblement le même tableau à la fin de l’année. Le fait ne prouve pas grand’chose quant à la valeur de la mouche. La mouche en elle-même n’est peut-être rien, et deux pêcheurs d’égale force sont difficiles à trouver. Seul, le pêcheur pourra juger par lui-même et pour lui-même, après une longue expérience, au cours de laquelle il aura utilisé tantôt l’un, tantôt l’autre genre de mouche, en tenant compte, autant que faire se peut, des choses si variables que sont le temps, l’eau, l’activité du poisson et … du pêcheur.

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La grosse truite.

R.Portier

Février 1949

C’est à un professionnel émérite, nommé Gouverneyre, qui, il y a quarante ans environ, approvisionnait en grosses truites, pour leurs banquets, plusieurs hôtels du Massif Central, que je dois de précieux renseignements pour les capturer. Ceux-ci m’ont permis, par la suite, de compter parmi mes prises un nombre relativement important de ces salmonidés, variant en poids de 2 à 4 kilogrammes.

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Ouverture de la pêche à la truite.

Marcel Lapourré.

Délégué du Fishing Club de France

Février 1942

Officiellement, la pêche de la truite est ouverte, dans beaucoup de départements, depuis le 1er février. Ce n’est certes pas une date bien choisie, pour plusieurs raisons : d’abord la plupart des truites n’ont pas encore frayé si les eaux ont été très froides et hautes, au cours de l’hiver ; celles qui ont déposé leurs œufs sont dans un tel état de maigreur qu’elles n’offrent, au point de vue purement sportif, qu’une bien minime satisfaction.

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Elles ont perdu une grande partie de leur vigueur et ne sont plus les poissons combatifs qu’elles étaient, il y a quelques mois.

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La vie du saumon … partie 1

Delaprade

Septembre 1949

C’est un véritable roman que la vie du roi de nos rivières. Il s’est bien raréfié depuis un demi-siècle, en raison de la construction de nombreux barrages hydro-électriques, barrages trop hauts en général pour qu’il puisse les franchir, bien que d’un seul coup de queue il arrive à passer des dénivellations verticales de 2 mètres.

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Or, revenant adulte de la mer, il lui faut absolument, pour sa reproduction, accéder à sa zone de frayères, qui est à peu près la zone de frayères de la truite.

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Mea Culpa …

P. Carrère

Mai 1951

Devant la disparition graduelle du poisson, je parle particulièrement du poisson de surface : truites, vandoises, chevesnes, etc. …, le monde pêcheur s’inquiète. On voudrait des moyens pour remédier au désastre. On cherche, en étudie les causes diverses du dépeuplement de nos rivières : les supprimer serait aussi supprimer le mal.

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En dehors des causes dues au progrès : nombre croissant des pêcheurs, méthodes, matériel nouveau chaque jour plus perfectionné, goût du plein air se développant, braconnage sérieux ou anodin, ou jugé comme tel, n’y a-t-il pas aussi des causes naturelles peut-être inéluctables de ce dépeuplement ?

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Les origines de la barque.

Robert Delagneau.

Octobre 1950.

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Mes amis pêcheurs et chasseurs vous êtes-vous déjà demandé quels étaient les hommes qui avaient découvert, pour se déplacer sur les eaux, la fragile nacelle dont vous faites journellement usage ?

Un certain nombre d’entre vous s’est sûrement posé cette question.

Je vais essayer d’y répondre. Pendant mes années d’études archéologiques à l’École du Louvre, les hasards de mes recherches sur les civilisations de Sumer et d’Akkad m’ont fait pencher sur ce délicat problème qui devint par la suite le sujet de ma thèse.

À défaut d’autres documents plus anciens, nous sommes bien obligés de considérer, à l’heure présente, la civilisation mésopotamienne comme la plus ancienne connue.

Je sais très bien qu’une pareille affirmation soulèvera des protestations de quelques confrères égyptologues, mais il ne m’est pas possible, dans le cadre étroit de cet article, d’ouvrir une parenthèse de plus sur ce délicat problème qui sépare depuis un peu plus d’un siècle les assyriologues et les égyptologues.

Il n’est guère besoin de démontrer, vu sa situation géographique, l’importance prise par la navigation dans la plus haute antiquité en Mésopotamie.

À défaut de preuves directes, la composition du sous-sol mésopotamien n’ayant permis la conservation des barques en bois, l’hydrographie naturelle, les nombreux canaux creusés par la main des hommes et dont l’entretien est attesté par les tablettes les plus anciennes (quatrième millénaire avant Jésus-Christ), le rôle que la barque joue actuellement dans cette région suffisent à nous faire deviner que le problème de flotter sur les eaux fut sûrement l’un des premiers qui se soit posé aux plus anciens habitants de notre planète. Cette conception est encore rendue plus vraisemblable par le fait que le sol était aux époques préhistoriques inférieur à l’actuel et que d’immenses marécages recouvraient le pays.

Les crues actuelles du Tigre et de l’Euphrate, les deux grands fleuves qui ont donné son nom à cette région (Mésopotamie : pays entre les fleuves) se produisent à trois semaines d’intervalle. Elles prolongent et agrandissent les marais, si bien que les communications ont dû être aux époques les plus lointaines presque aussi difficiles quand les eaux étaient basses ou quand elles atteignaient leur plus grande hauteur. Pour assurer leurs communications, les premiers habitants de cette contrée n’avaient d’autres ressources qu’un flotteur, la navigation pour eux fut une nécessité avant de devenir un art.

Quelles ont été les formes de ces premiers flotteurs sur lesquels nos plus lointains ancêtres osèrent s’aventurer, pour aller d’un endroit à un autre ou pour chasser et pêcher dans les marais ?

Je vais essayer de l’expliquer d’après les plus vieux documents trouvés in situ.

À l’origine, le premier flotteur fut l’œuvre de la nature. Lorsque pour une raison quelconque, un arbre tomba dans l’eau, l’homme s’aperçut qu’il flottait, c’était le premier flotteur. À peine équarris sur une face, creusés à l’intérieur, dépourvus de tout point d’appui pour les avirons ou les rames, ces bateaux rudimentaires sont encore de nos jours en usage chez certaines tribus d’Afrique.

On ne peut affirmer cette hypothèse d’une façon certaine, les plus anciennes représentations qui sont parvenues jusqu’à nous n’ont rien de commun avec le type « auge », auquel se rattachent plus ou moins les troncs d’arbres évidés.

La similitude des embarcations égyptiennes avec celles de la Mésopotamie pourra facilement s’expliquer lorsque l’hypothèse d’un ancêtre commun aux deux races sera démontrée. Mon opinion est que le premier flotteur ne fut pas importé en Mésopotamie par des envahisseurs nomades venant de l’Est (thèse nouvelle à démontrer), car ces peuplades venant de régions de monts et de steppes furent plutôt les importateurs du cheval que de la barque.

La barque est née en Mésopotamie comme vraisemblablement elle naîtra dans d’autres régions, plus tard, chez des peuplades qui se sont trouvées devant les mêmes nécessités et les mêmes conditions d’existence. Ce qui me permet d’insister et d’appeler la civilisation sumérienne la « Civilisation de la barque », c’est que, jusqu’à ce jour, on n’a pas encore trouvé trace de civilisations antérieures. Il est bien entendu que ce terme de civilisation de la barque doit être interprété dans son sens le plus large, comme les termes déjà usagés de Civilisation du miel et de Civilisation du renne.

Le type de la barque mésopotamienne est caractérisé par une hauteur plus ou moins grande des extrémités, ce qui lui donne la forme d’un croissant de lune. Pourquoi cette forme ? Deux hypothèses se présentent : 1° il se pourrait que le marinier mésopotamien ait donné cette forme à son esquif pour s’attirer la protection du dieu « Sin », dont le symbole est le croissant de lune, et éviter ainsi les multiples dangers de la navigation sur des fleuves aussi redoutables que le Tigre et l’Euphrate. 2° À moins qu’il ne s’agisse d’une nécessité absolue de cette forme pour obtenir une navigation plus facile dans des marais encombrés de roseaux ? Je suppose que l’esquif primitif, s’il ne présentait pas cette forme exactement, s’en rapprochait du moins d’une façon suffisante pour que la transition ait pu se faire presque naturellement. Il est aussi possible que le type primitif ait subi une transformation complète. Il se pourrait qu’à des besoins nouveaux correspondent un type entièrement nouveau, lui aussi. Cette forme cintrée est attestée par les plus anciennes représentations et il semblerait que ces barques étaient construites d’un matériau souple et flexible capable de recevoir les courbes qu’on voulait lui donner, probablement des roseaux (voir figure).

Depuis la période d’Ur (troisième millénaire av. J.-C.) jusqu’à nos jours, la barque mésopotamienne n’a pas évolué. Pour les transports, les Mésopotamiens utilisaient le kuffa, sorte de panier circulaire tressé en osier et rendu étanche par du bitume ou des peaux de bêtes cousues. Cette sorte d’embarcation se conduit à la godille pour l’empêcher de tourner sur elle-même. Ils employèrent aussi le kellek, sorte de radeau de bois dont la puissance de flottaison est fortement augmentée par des peaux d’animaux gonflées d’air placées sous l’armature de bois. Mais la forme mésopotamienne typique, employée pour de multiples usages, est le bateau en bois aux extrémités fort relevées en forme de croissant de lune, le belem.

Avant la période historique, lorsque de grands échanges d’influence se sont produits entre la Mésopotamie et l’Égypte, celle-ci adopta le belem mésopotamien, qui devint par la suite le type de la barque sacrée.

Pourquoi ces types de bateaux n’ont pas évolué depuis les temps les plus anciens et se sont conservés identiques jusque dans l’Irak d’aujourd’hui, sans laisser pour ainsi dire de points de repère pour délimiter les différentes époques de son évolution ? Pourquoi ont-ils gardé leur même caractère à travers des milliers d’années ?

Pourquoi les mêmes modes de propulsions, rames, perches, halage et voile ?

Parce que les Arabes, conservateurs rigoureux, emploient les mêmes techniques de fabrication, les mêmes matériaux de construction qu’aux époques les plus lointaines. De plus, l’état des choses naturelles du pays, fleuves, canaux, crues, marais, manque de bois approprié, etc., est toujours resté immuable en Mésopotamie à travers les siècles.

La truite en montagne.

J.Lefrançois

Juillet 1950.

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Dans un petit livre traitant de la pêche en Dauphiné, j’ai réparti les poissons en trois zones : plaine, altitude moyenne, haute montagne.

Cette répartition d’apparence spectaculaire a pour but de mettre en relief spontanément les conditions de vie très différentes dans lesquelles se trouve placé un même poisson sous l’influence de l’altitude. Il est ainsi aisé de constater que ces conditions de vie sont inversement proportionnelles à la progression et d’autant plus difficiles que l’altitude augmente, et ceci jusqu’au point crucial où, les eaux étant stérilisées par le froid, le poisson ne peut plus vivre.

La connaissance des conditions de vie du poisson est indispensable au pêcheur. Aussi cette sorte de classification en zones dans un livre traitant de la pêche avait retenu l’attention de l’éminent professeur Léger.

Il l’avait trouvée « explicite », et on sait avec quel enthousiasme il pratiquait lui-même notre sport.

C’est à ce titre que j’en fais ici le rappel, et aussi en souvenir du vénéré savant qui, jusqu’à sa mort, m’honora du trésor inappréciable de son amitié.

La plaine ne nous intéressant pas aujourd’hui, l’altitude moyenne pas davantage, bien qu’elle soit, avec raison, la zone de prédilection du pêcheur montagnard, nous pénétrons immédiatement en haute montagne. Le terme sera interprété par nous comme région alpine comprise entre 1.500 et 2.500 mètres. Il serait discutable au seul point de vue touristique.

Ceci posé, je déclare qu’en raison directe des conditions de vie du poisson, c’est-à-dire du milieu où il se trouve et dans lequel il ne faut pas voir uniquement l’eau, mais un cumul de facteurs, savoir : la température, l’absence ou la rareté de la végétation aquatique, la nourriture réduite à une faune très spéciale, la transparence inouïe d’un liquide révélant ou reflétant le plus petit détail, la violence et la soudaineté des perturbations, etc. …, la pêche en haute montagne est tour à tour impossible, difficile, facile, voire d’une déconcertante facilité — nous allons étudier quelques cas typiques ; quant au poisson, il sera invariablement la truite.

L’ennemie n° 1 du pêcheur montagnard (elle est femelle), c’est l’eau de neige. En plaine, chez nous, quand un de nos collègues s’approche de la rivière, sa canne en faisceau sous le bras, scrute le liquide, hoche la tête et s’en va sans « déplier », c’est qu’il a vu l’eau de neige. Qu’est-ce donc que l’eau de neige ? Du sorbet fondu que l’homme de l’art reconnaît d’instinct. L’eau de sorbet, forte ou très forte, a un aspect laiteux, glacial. Elle véhicule en suspens dans sa masse, et non pas seulement en surface comme il est de règle après une forte pluie, des fétus d’herbes sèches, d’infimes radicelles, des feuilles mortes, des brindilles, des plumes d’oiseau, des mousses, etc. …, tout ce que la neige en fondant arrache aux pâturages des sommets. Bref, notre homme est reparti, pensant : « Je reviendrai », et sa canne n’aura été pour lui qu’un symbole, tout comme le parapluie de feu M. Chamberlain. En haute montagne, on ne revient pas si facilement.

La question ne se pose même pas au printemps pour les torrents. Il faut attendre juillet ou août, suivant les fantaisies du vent qui, plus que le soleil, précipite la fonte quand il ne provoque pas une nouvelle chute de neige. Ainsi, je me rappelle une nuit de 15 août passée sous le « marabout » au camp des Rochilles (massif du Galibier), dans le fracas d’un orage effroyable, et, au matin, l’inoubliable vision du petit lac du Serpent s’offrant en vert clair comme une émeraude dans la blancheur d’un écran immaculé — il avait neigé !

Le meilleur mois sera septembre. C’est le seul mois de l’année où les eaux sont à peu près stables, mais il faut compter avec les jours déjà courts et les nuits froides. Le citadin hésitera souvent à tenter sa chance. Cette pêche est donc pratiquement réservée aux campeurs robustes et aux montagnards des haberts. Sur place eux seuls peuvent profiter de l’instant favorable donné par les premières lueurs du jour, le crépuscule, la veille d’orage ou l’averse propice.

Heureux le temps où notre « Alpinus », hôte permanent du berger, lâchant à point le fusil pour la gaule, pouvait profiter de l’exceptionnel avantage et réserver ainsi à ses « inséparables » ces monstrueuses agapes où les truites marbrées des torrents alpins disputaient la succulence aux brochettes d’ortolans en manière de « préambule ». Les jours se suivent, mais se ressemblent de moins en moins.

Donc premier gros écueil, l’aléa de la tentative.

Supposons que, chance inespérée, nous tombions un jour possible. Quelle amorce présenter à la truite ? Ver de terre ? Non, il lui produirait l’effet d’un saucisson de Lyon. Asticot ? Ver d’eau ? Pas davantage, la truite les ignore. Peut-être une « patache » (larve ecdyure), mais, beaucoup mieux, un « ver bleu » (larve probable du rhyacophile). Aurons-nous sous la main ces précieuses amorces ? J’ai parlé d’eau de cristal. Dans cette eau, seul le minuscule ver bleu est relativement abondant, donc peut-être accepté. On ne le trouve que sur place. Il faut, par conséquent, le cueillir dans son élément, pieds nus, pantalons retroussés ou préférablement enlevés, — je laisse à d’autres cette jouissance par le bas d’une température de glace. Quand on a les vers, il faut savoir s’en servir, car ils sont d’une manipulation délicate et je n’envisage que pour la forme les approches de la truite en terrain découvert par des procédés rampants ou « croupetonnants » avec la gaule à bout de bras ; je préfère dire que, dans ce cas péjoratif, la pêche est pratiquement impossible, tout au moins au commun des mortels.

La pêche sera moins difficile si le pêcheur, bien pourvu de l’amorce appropriée fournie par un indigène, s’attaque à une eau troublée par une pluie récente, ou à des gouffres à parties bouillonnantes, car il aura encore pour lui l’atout de l’agitation gazeuse suppléant en partie à sa dissimulation insuffisante.

Il augmentera ses chances par une pêche toujours en amont avec une gaule aussi longue que possible.

Il fera des mouvements très lents. Bien entendu, il aura des vêtements couleur de pierre. La grosse difficulté sera une prospection en terrain scabreux. J’ai vu en action, dans des gorges paraissant inaccessibles, de véritables acrobates chaussés d’espadrilles ; ils capturaient des truites de grosseur moyenne commandées par l’hôtel de la station la plus proche. Ce n’était que du poisson, mais je gage que, si sa valeur avait été calculée d’après le danger couru, son prix honnête eût été exorbitant. La pêche sera donc rarement facile dans les torrents ; j’ai cependant entendu affirmer par des montagnards habitant les plus hauts villages que, certains jours très chauds d’octobre, les truites, affamées par l’approche du frai et très excitées, sautaient sur n’importe quoi ; je n’ai jamais pu le constater. En octobre, la pêche est interdite. À la décharge des montagnards, je dirai que d’une part pour eux la période autorisée est réduite à l’extrême, que d’autre part ces braves gens, brouillés dès la naissance avec des règlements qui ne semblent faits que pour les touristes, prennent le poisson comme le gibier quand l’occasion rare se présente. Nous connaissons trop l’âpreté de leur vie pour ne pas les absoudre de ce péché véniel.

En haute montagne, heureusement ! il n’y a pas que des torrents plus ou moins tributaires des glaciers. Il existe aussi pour le plaisir des yeux et le contentement des pêcheurs une foule de petits lacs admirables encore peuplés de truites. Il serait possible d’en aménager beaucoup d’autres si ces tentatives coûteuses, souvent hardies, n’étaient pas jugulées par la menace permanente d’une destruction certaine, officieuse ou officielle; je dénonce par là l’action néfaste du dynamiteur clandestin, opérant pour son commerce particulier, et l’entreprise tout aussi pernicieuse de l’industriel « perceur de lacs ». Notre position de pêcheurs uniformément bernés et lésés ne nous permet pas de faire, entre ces destructeurs, une distinction d’ordre purement moral.

Dans ces lacs d’altitude, la pêche n’exige aucune technique spéciale. Elle est par conséquent facile, parfois même, nous l’avons laissé entendre, d’une facilité déconcertante. La réussite, qui n’a rien à voir avec la technique, dépendra moins de l’adresse du pêcheur que de son endurance physique ou de son flair à tomber sur l’époque, le jour et l’heure favorables.

Les sportifs pratiqueront la pêche au lancer léger et lourd, suivant leur préférence, ainsi que la pêche à la mouche sèche, les autres pourront pêcher … au bouchon s’ils consentent à passer la nuit sur place.

Une époque toujours excellente pour le lancer sera celle de la débâcle des glaces. Elle a lieu, suivant les années, en juin ou juillet. Le pêcheur qui peut en profiter a bien des chances pour faire, pendant cette courte période, ses plus belles prises. J’ai connu un fort pêcheur d’Allemont (Oisans) qui prospectait régulièrement à cette occasion les petits lacs « des Rousses » (Alpe-d’Huez pour les amateurs de ski) et y capturait des truites énormes. J’ai eu moi-même l’occasion d’y pêcher plusieurs fois. Malheureusement, la dynamite y a fait de grands ravages, et j’ignore s’ils ont été repeuplés.

Quant au jour propice, le touriste qui ne campe pas n’a guère l’occasion de le choisir. Par une journée de calme absolu, il ne fera pas grand’chose. Un vent léger améliorera grandement la situation, qu’il souffle du nord ou du sud. Bien entendu, l’approche d’un orage sera une coïncidence remarquable, mais malheur au pêcheur qui se laissera surprendre. En quelques minutes il sera sûrement transformé en éponge, peut-être lapidé par la grêle, et il risquera cent fois d’être foudroyé en raison du relief offert par sa personne.

Reste l’heure. Les heures extrêmes sont généralement les meilleures. Toutefois, un pêcheur ne doit jamais perdre courage. Ici, comme en bas et peut-être davantage, dans la journée, il y a toujours l’heure H. Il faut la saisir. Pour cela, il est indispensable de faire toutes les heures un essai d’une dizaine de minutes. Si une attaque se produit on peut être certain qu’elle sera suivie d’autres. Enfin, dans les lacs, le poisson s’anime dès la tombée de la nuit. La nuit venue, il tourne inlassablement, à la manière d’un cheval de cirque, en quête des vers et insectes tombés à l’eau. Sur les bords d’un petit lac des Sept Laux (Oisans), lanterne électrique à la main, en attendant le lever du jour, nous avons pu observer une grosse truite très affairée à donner des coups de nez contre la rive, exactement sous la semelle de nos souliers. La moitié de son corps émergeait à l’air libre en raison de la faible profondeur. Elle s’efforçait d’extirper un lombric assez mal inspiré pour sortir de terre à fleur d’eau.

C’est cette habitude de tourner en rond qui sera utilisée pour la placide pêche au bouchon. Donc, lorsque la lune bat son plein, il suffit de disposer une batterie de gaules armées de lignes solides, de préférence en fort nylon, avec flotteurs et vers de terre, puis d’attendre le derrière sur le gazon. On prendra des truites plus facilement que des tanches. Nous en avons été témoin en voyant pêcher de cette façon au lac Lovitel (Oisans) papa, maman et les enfants. À vrai dire, ils ne faisaient aucun bruit et, avant d’être sur eux, nous les prenions pour des moutons couchés.

La pêche au clair de lune ne passe pas pour réglementaire, mais, je l’ai dit, l’altitude excuse, ou du moins autorise, une entorse au règlement. Quant au charme que peut éprouver ce grand philosophe que l’on nomme pêcheur, lorsqu’il est seul avec son art par une belle nuit au bord d’un lac scintillant sous la lune, loin de tout bruit humain, je le suppose trop paradisiaque pour qu’il puisse être effleuré d’une critique.

Par clair de lune et temps calme, la pêche à la mouche sèche donne des résultats surprenants dans les lacs. Des jets normaux suffisent parfaitement. Les truites sont sur les bords. Toutefois, l’exécutant devra se méfier de son ombre tout aussi révélatrice que par le plein soleil.

Dans cet exposé, le lecteur ne voudra bien voir qu’une sorte de peinture grossière par laquelle j’ai essayé de traduire l’impression d’ensemble qui résume pour moi trente années de pêche honnête en montagne ; il n’est question que de notre Dauphiné. Il faut bien toute une vie pour le connaître, et certes je ne prétends pas avoir tout vu ; j’ai cependant conscience d’avoir porté mes « tricouni » partout où je pouvais espérer rencontrer la truite sans me livrer à de dangereuses acrobaties.

Sur le pont.

Marcel Lapourré.

Délégué du Fishing-Club de France.

Octobre 1950

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Même si l’on n’est pas pêcheur, on ne peut s’empêcher de se pencher sur le parapet du pont que l’on traverse et de rester là, en contemplation, pendant de longues minutes.

Il est à remarquer que, soit aux abords immédiats des villes, soit un peu plus en aval, les poissons se rassemblent et évoluent tranquillement et sans crainte. Ils sont habitués au bruit des voitures et même aux promeneurs ; ils paraissent être en sécurité et à l’abri de toute surprise. Ce sont ordinairement des chevesnes et des truites qui se montrent en surface, les autres poissons préférant fouiller le sable doré. Et la première idée qui vient au pêcheur est la suivante : « Si je pouvais envoyer ma ligne là-bas, quelles belles prises je ferais ! »

Essayons de laisser tomber une sauterelle vivante en surface ou une grosse mouche ordinaire raflée d’un geste sec sur le parapet. La bestiole s’en va au courant, lentement ou à toute allure suivant le cours d’eau, et soudain : « Plouf ! », elle a disparu dans un remous. Dame truite ou messire chevesne a mis fin à l’existence de notre bestiole. Et à plusieurs reprises, par jeu simplement, nous renouvelons l’expérience.

Le lendemain, nous allons revenir et tâcher de capturer ces beaux poissons qui ont si bon appétit et sont si confiants, loin des bords. Nous avons apporté avec nous un dévidoir contenant 30 à 40 mètres de fine soie, ou, ce qui est mieux, un moulinet fixé sur un bambou mi-rigide de 1m,50.

Ce fil est terminé par un bas de ligne en nylon très fin (15 centièmes, par exemple) de 2 mètres de longueur. Pas de plomb si l’eau est calme, ou alors placer un n°4 à plus d’un mètre de l’hameçon n°12, ligaturé à l’anglaise. Et nous allons y fixer une sauterelle vivante, conservée telle par le procédé que j’ai indiqué maintes fois dans mes chroniques.

Faisons descendre à l’eau notre insecte en choisissant l’endroit où le courant est le plus vif ; il va être entraîné lentement (ou en vitesse) et nous conserverons le fil bien tendu.

Nous le déroulons, en coupant le dévidage par de légers arrêts aux bons endroits, guidant notre appât vers l’aval, au milieu du rassemblement des poissons.

Il sera bon de l’y laisser séjourner quelques instants, si nos futures victimes ont l’air de bouder ; mais, ordinairement, la scène est plus rapide et le dénouement plus prompt.

Pour que la fine soie ne plonge pas et reste bien en surface, il est bon parfois de la graisser ou déjà paraffiner en la passant dans un chiffon gras, comme procèdent les pêcheurs à la mouche artificielle flottante.

Il nous faut maintenant ramener notre prise sur le pont. Noyons-la d’abord par la lutte classique que doit connaître tout bon pêcheur : pas de brusquerie, mais de la souplesse et de la patience ; le scion de bambou sera préférable au seul dévidoir dans cette lutte délicate.

Si le poisson est petit, remontons-le sans heurt et sans secousses, bien que cette ascension soit fort périlleuse quant au résultat. Il vaut mieux procéder ainsi : ayez une épuisette sans manche supportée par trois cordonnets, réunis en un seul, à 40 centimètres au-dessus du cercle et prolongés par une cordelette fixée au parapet, ou à votre ceinture. Amenez le poisson dans le filet immergé et vous n’avez plus qu’à le soulever. J’ai employé souvent cet engin et m’en suis toujours très bien trouvé.

En eau trouble, insistez près des piles, avec un ver de terre comme appât ; vous pourrez, sans inconvénient, utiliser un flotteur, bien qu’avec un peu d’habitude on s’en passe aisément.

Sur la Sioule, nous avons fait de belles pêches du haut du pont d’Ébreuil, et, sur plusieurs autres ponts, il en fut de même, par grosses eaux boueuses, tout de suite après un orage.

Cette pêche à distance, d’un lieu élevé, vaut également pour la capture des poissons de fond : carpes, tanches, barbeaux, goujons ; il faut cependant que le courant soit assez vif entre les piles pour entraîner la forte plombée.

Lorsque vous supposez que l’appât est assez loin, vous l’amenez en eau plus calme, où le courant est brisé par une pile, et, donnant un coup en arrière pour faire remonter le courant à votre plomb, vous lâchez brusquement le fil, la plombée descend tout de suite au fond. Il ne vous reste plus qu’à attendre la touche, ce qui ne tarde généralement pas.

J’ai connu des rivières à fond régulier, au courant lent et assez profond, dans lesquelles je péchais avec un bouchon.

Mettant le fond convenable, plutôt moins que trop, je laissais partir mon flotteur au gré du léger mouvement de descente, rendant du fil juste ce qu’il fallait, sans influencer le mouvement du bouchon. Sous la touche, un coup de poignet ou un mouvement du morceau de bambou ferrait net le poisson.

Certains pêcheurs de grandes rivières : le Rhône, par exemple, opèrent à plus de 50 mètres du pont, le fort courant entraînant le plomb plat, qui pèse jusqu’à 200 grammes, loin en aval. Ils n’ont plus qu’à guider latéralement sa marche pour l’amener en eau profonde, où ils ont repéré des rassemblements de barbeaux et de hotus. Ils attachent leur ligne à des tiges de bambou portant un grelot, qui les prévient lorsqu’une belle pièce s’est accrochée toute seule.

Comme souvent ils sont assis et regardent le paysage, il faut voir le bond qu’ils effectuent pour courir à leur ligne, quand le joyeux tintement les tire de leur apathique distraction. Ils peuvent même lire, puisqu’ils ont, en ce grelot, un veilleur sûr et vigilant.

Quoi qu’il en soit, et pour tout genre de pêche, le haut d’un pont est toujours un poste de choix ; un seul inconvénient, si on opère en ville : ce sont les badauds qui viennent s’accouder près de vous et attendent … qu’un poisson vienne à s’accrocher ; souvent vous aurez autour de vous une telle affluence qu’un agent viendra se rendre compte de ce qui se passe. Et les commentaires vont leur train, bien sûr ; les esprits forts, sinon éclairés, donnent leur avis sur la capture ou sur les exploits d’un de leurs amis ou sur les leurs : « Moi, quand j’étais à … ». Pendant ces explications, vous aurez mis votre hôte au panier, réamorcé et redescendu votre ligne à l’eau.

Les badauds vont attendre une nouvelle touche, puis l’un après l’autre s’en iront, vous laissant seul — oh ! pas pour longtemps ! — avec vos rêves et vos espoirs.

Comme tout bon pêcheur aime la solitude, nous choisirons donc un pont bien tranquille, en pleine campagne, et, si la rivière est moins imposante qu’un grand fleuve, elle sera plus riante et plus jolie.

Pour prendre des truites

Marcel Lapourré

Délégué du Fishing-Club de France.

Avril 1950

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« Je voudrais prendre des truites », m’écrivent assez fréquemment des confrères, et je conçois fort bien leur désir. Il serait souhaitable cependant qu’ils veuillent bien, m’indiquer dans quel genre de cours d’eau ils vont exercer leurs futurs talents. Mais non ! cette laconique demande paraît être pour eux le critérium des renseignements nécessaires et il faut avouer que c’est plutôt succinct.

Il y a tant de façons « d’essayer » de prendre une truite que j’aurais pu leur répondre, sans faire preuve d’ironie ou de désinvolture : « Présentez-lui quelque chose qui lui plaît et elle viendra s’accrocher toute seule. » Et ce serait une exacte réponse.

Cependant, j’essaie d’être plus explicite et, si je ne réussis pas à leur faire remplir leur panier, je crois pouvoir contribuer à les rendre heureux … relativement, peut-être, s’ils savent se contenter d’être payés selon leur mérite.

Pensant que la question intéressera beaucoup de confrères habitant près d’un cours d’eau à truites — les heureux, — je vais passer en revue les différents cas qui peuvent se présenter, en ébauchant la description des procédés à utiliser.

Chacun sait que le mode de pêche variera suivant l’eau et l’époque ; aussi tâcherons-nous de tenir compte de ces différences.

Lors de l’ouverture, en février-mars, les eaux sont généralement hautes, louches et propices à nos exploits, sauf si la fonte des neiges est la cause de ces crues. Dans ce cas, il est inutile de pêcher, la rivière paraît déserte.

Nous sommes donc devant une petite rivière coulant à pleins bords, l’eau n’est pas claire.

Nous allons employer le devon, la petite cuiller, traînés au bout d’une longue canne si nous ne savons pas pêcher au lancer ; ces leurres seront coloriés en clair si l’eau est très louche, ou dorés si elle est limpide.

Par exemple, une cuiller argentée ou blanche en eau sale, et en cuivre mat si l’eau est claire.

Vous ferez évoluer vos leurres près des bords, le long des obstacles, évitant les courants violents que la truite n’habite pas encore, mais n’exagérez pas la vitesse ; juste ce qu’il faut pour donner la rotation indispensable à un semblant de vie.

Un vairon mort fixé sur un gros hameçon et promené en zigzags, très lentement, sera également très bon. Le vairon vivant, piqué par une narine, donnera de belles captures, si on le pose dans les trous, les petits remous derrière les blocs.

Le poisson en caoutchouc, bien manoeuvré, est très efficace.

Si l’eau est trouble, franchement jaune, seul le gros ver de terre est à employer. Plombé juste sur la palette, il sera promené sur les bords, en évitant de le laisser trop traîner sur le fond où il s’accrocherait.

Soutenez votre ligne et laissez filer le ver au courant. Dès la touche, indiquée par deux ou trois « toc-toc », raidissez le fil et ne ferrez qu’après quelques secondes d’attente pour que la truite ait le temps d’avaler le ver. Jamais, surtout, le ferrage ne doit avoir lieu dès la touche, vous manqueriez 8 truites sur 10.

Cette pêche au ver en eau trouble, très meurtrière, sinon très sportive, est à la portée de n’importe quel débutant. Les professionnels de nos campagnes la pratiquent exclusivement et réussissent de beaux paniers.

Même un pêcheur averti, n’aimant pas ce genre de pêche par trop rudimentaire, peut être amené à l’employer pour ne pas gâter sa journée, alors qu’il a effectué de nombreux kilomètres pour se rendre à pied d’œuvre.

Je vous conterai un jour quelques anecdotes pour illustrer cette petite théorie et vous verrez qu’il peut être utile de savoir pêcher au gros ver, bien qu’on soit un fervent de la mouche artificielle et du devon.

Nous voilà au printemps et nos engins vont augmenter en nombre. En plus de ceux déjà cités, voilà un des meilleurs : la mouche artificielle noyée.

Elle s’emploie à tout moment de la journée sur une rivière claire, quel que soit son étiage, et il est bien rare qu’elle ne soit pas une source de succès, à condition d’avoir des mouches convenables.

Ce sont des mouches dites « araignées » qui seront a préférer ; elles n’ont pas d’ailes compactes, mais portent, vers l’oeillet, une collerette de barbes de plume, simulant ailes et pattes.

Si vous ne les faites vous-même, ce qui n’est pas à la portée d’un débutant, prenez-les chez un bon fournisseur. Peut-être un confrère obligeant vous en cèdera-t-il au bord de l’eau : je vous le souhaite.

Avril est un excellent mois pour la pêche à la mouche noyée.

Et voilà mai. La mouche flottante est à rechercher : elle vogue en surface, grâce à sa structure, et peut-être aussi parce que vous l’avez huilée convenablement.

Vers la fin du mois apparaîtra le gros éphémère, dit « mouche de mai » (Ephemera vulgata), si renommé à juste titre. Il permet des pêches formidables au moment d’une éclosion.

Et, tout l’été, les mouches artificielles seront de merveilleux appâts, le matin et surtout au crépuscule. Le fameux « coup du soir » fait parfois époque dans la vie d’un pêcheur.

On n’a rien pris de toute la journée et, soudain, la rivière s’anime, les ronds sur l’eau se multiplient et votre mouche est happée brutalement ; on remplit son panier en une heure et avec de belles pièces, presque toujours.

Nous aurons à notre disposition également tous les insectes : sauterelles, grillons, staphylins, etc. ; employés vivants — j’ai décrit de quelle façon dans une causerie précédente — et posés délicatement sur l’eau, ils sont irrésistibles.

Plus l’obscurité s’épaissit, plus les chances de belles captures s’affirment.

Enfin, à ce moment, un vairon mort, casqué, dandiné lentement, très lentement, par légères saccades, vous offre l’espoir d’être attaqué par une de ces énormes truites qui ne sortent que la nuit et dont la capture laisse un souvenir inoubliable.

Mats attention ! Cette pêche ne peut se pratiquer qu’en eau privée, car la loi nous crée l’obligation de cesser toute activité dès le coucher « légal » du soleil, et, ma foi, vous pourriez bien être assimilé à un braconnier dans les eaux du domaine public.

En été, par eaux basses, très basses même, le tout petit ver rouge a du succès, soit en l’employant en plein courant, soit en le posant doucement autour de chaque pierre qui n’est pas plaquée dans la vase. De belles surprises vous seront réservées.

En automne, dès septembre, toutes les pêches redeviennent normales ; souvenez-vous que ce mois serait peut-être le meilleur de tous si beaucoup de truites ne manquaient déjà à l’appel.

La mouche artificielle, sèche ou noyée, fait merveille.