La pêche au ver rouge

Pierre Melon

Août 1948

Quand le torrent est en crue, tous les pêcheurs savent ça, il n’y a que le ver pour la truite. Embroché tout de son long sur un hameçon de grande taille, le pauvre ver n’en mène pas large, si j’ose dire. Il est mort, tout ce qu’il y a de plus mort, et, en temps normal, dans les eaux claires, une truite digne de ce nom ne se dérangerait pas pour un ver de si pauvre apparence.

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Mais, avec les hautes eaux, il passe beaucoup de vers qui n’en valent pas mieux, venus de dix, vingt, parfois cent mètres plus haut, arrachés à la terre des berges et roulés contre les cailloux, coincés un quart d’heure dans une fente de rocher d’où le courant finit par les arracher, et, quand ils passent devant la truite, ils ne se différencient en rien de leur frère tassé sur la courbe de l’hameçon.

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La grosse truite.

R.Portier

Février 1949

C’est à un professionnel émérite, nommé Gouverneyre, qui, il y a quarante ans environ, approvisionnait en grosses truites, pour leurs banquets, plusieurs hôtels du Massif Central, que je dois de précieux renseignements pour les capturer. Ceux-ci m’ont permis, par la suite, de compter parmi mes prises un nombre relativement important de ces salmonidés, variant en poids de 2 à 4 kilogrammes.

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La survie des poissons blessés

R.Portier

1946

Péchant depuis plus de soixante ans, j’ai pu rencontrer, sur les bords des nombreux cours d’eau que j’ai parcourus, des pêcheurs de tous genres, de toutes mentalités. Parmi eux, certains m’ont paru affligés d’une habitude que je n’hésite pas à qualifier de pernicieuse : celle de mettre au panier tout poisson capturé, quelle que soit sa taille, sous le fallacieux prétexte qu’une fois piqué par l’hameçon il doit infailliblement périr et serait perdu pour tout le monde s’il venait à être remis à l’eau.

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L'omble chevalier

R.Portier

Août 1946

Ce n’est pas une seule, mais bien au moins une douzaine de fois que j’ai rencontré, sur les bords de certaines rivières de la Haute-Loire ou du Cantal, des confrères qui se vantaient d’avoir capturé des « ombles chevaliers ».

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Devant le doute que j’émettais de voir prendre à la mouche artificielle des poissons dont je n’avais jamais constaté la présence dans nos cours d’eau, quelques-uns de ces pêcheurs ont bien voulu me montrer le contenu de leur panier, et j’y ai aperçu ce que je m’attendais à y voir, c’est-à-dire des « ombres communs », salmonidés assez répandus dans les parties hautes de la Loire, de l’Allier et de quelques-uns de leurs affluents.

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La pêche à la volante.

P.Carrère

Juillet 1949

La pêche « à la volante » est une pêche rustique pratiquée, surtout en été, par les habitants des bords de la rivière, les « terriens » ainsi qu’on les nomme, et qui ne vont pas chercher midi à quatorze heures. Toutes sortes de cannes, souvent bricolées par eux-mêmes, plus ou moins bien réussies, courtes et longues ; toutes sortes d’insectes de saison, faciles ou difficiles à saisir, sont employés. J’ai vu même un pêcheur citadin, en vacances, se promener la canne d’une main et un rouleau attrape-mouches plein de mouches de cuisine, de l’autre ; s’en aller ainsi, plus ou moins englué, d’un coup à l’autre. Tous les insectes sont bons et sont utilisés ; mais beaucoup de pêcheurs s’imaginent avoir le meilleur et le cachent jalousement à votre approche : sportivité !

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Cette pêche s’adresse presque exclusivement au chevesne, mais aussi à la truite, à la vandoise. Quoique cette dernière se tienne surtout dans les grands courants en été, où certains pêcheurs la recherchent à l’insecte noyé avec une larve comme appât ; on en prend aussi quelquefois non loin des rives par ce procédé.

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La pêche aux insectes vivants

Marcel Lapourré

Délégué au Fishing club de Fance

Avril 1946

Depuis que l’homme a essayé de capturer les habitants de l’onde, il a utilisé, comme appâts, des insectes naturels. Bien qu’à notre époque la science halieutique ait évolué vers la perfection, les mêmes esches sont encore en honneur, et de nombreux professionnels des campagnes les emploient exclusivement.

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Ils les présentent à leurs victimes éventuelles non pas comme un être vivant, mais comme une pauvre bestiole, roulée par le courant ou inerte en surface, en tout cas privée de mouvement.

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Ouverture de la pêche à la truite.

Marcel Lapourré.

Délégué du Fishing Club de France

Février 1942

Officiellement, la pêche de la truite est ouverte, dans beaucoup de départements, depuis le 1er février. Ce n’est certes pas une date bien choisie, pour plusieurs raisons : d’abord la plupart des truites n’ont pas encore frayé si les eaux ont été très froides et hautes, au cours de l’hiver ; celles qui ont déposé leurs œufs sont dans un tel état de maigreur qu’elles n’offrent, au point de vue purement sportif, qu’une bien minime satisfaction.

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Elles ont perdu une grande partie de leur vigueur et ne sont plus les poissons combatifs qu’elles étaient, il y a quelques mois.

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La vie du saumon … partie 3 et fin

Delaprade

Décembre 1949

Je m’excuse de consacrer une troisième et dernière chronique au saumon que, certainement, peu de lecteurs ont eu l’occasion de capturer.

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On ne le rencontre plus, en effet, en France, avec une abondance relative, que dans le gave d’Oloron, la Nive, la Loire, l’Allier, la Canche dans le Pas-de-Calais et les rivières bretonnes et normandes ci-après : la Sienne, la Sée et la Sélune en Normandie, l’Ellé, le Trieux, l’Aulne et le Scorff en Bretagne.

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La vie du saumon … partie 2

Delaprade.

Septembre 1949.

L’alevin de saumon, dès que sa vésicule est résorbée (1), commence à chercher sa nourriture parmi les pontes et larves d’insectes qui pullulent dans les graviers. Sa croissance, en rivière, est celle de la truite. L’été, il mesure déjà 4 à 5 centimètres.

Au printemps de l’année suivante, certains tacons (ou tocans dans le Gave d’Oloron) mesurent déjà 12 à 15 centimètres. Ils se distinguent nettement de la truitelle par les caractères ci-dessous :

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La vie du saumon … partie 1

Delaprade

Septembre 1949

C’est un véritable roman que la vie du roi de nos rivières. Il s’est bien raréfié depuis un demi-siècle, en raison de la construction de nombreux barrages hydro-électriques, barrages trop hauts en général pour qu’il puisse les franchir, bien que d’un seul coup de queue il arrive à passer des dénivellations verticales de 2 mètres.

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Or, revenant adulte de la mer, il lui faut absolument, pour sa reproduction, accéder à sa zone de frayères, qui est à peu près la zone de frayères de la truite.

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