La pêche de la truite en ruisseau

Marius Béguin.

Décembre 1948.

Dans ces quelques pages, je n’ai pas la prétention de donner des conseils aux grands spécialistes de la pêche à la truite, à ces champions du lancer léger ou de la mouche artificielle que l’on rencontre au bord de nos rivières, armés de pied en cap, et dont quelques-uns font penser à Tartarin partant chasser le lion.

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L’éclosion

P.Carrère

Décembre 1948.

L’« éclosion » est un phénomène mystérieux pour la majorité des pêcheurs. On constate une éclosion, on ne la voit pas se produire. Si nous apercevons un éphémère sur l’eau sans mouvement ou secouant péniblement ses ailes, nous ne pensons pas qu’il vient de se métamorphoser. S’il s’envole, nous pensons plutôt à un regain d’énergie qu’à un premier vol. Il faut, si l’on n’est pas entomologiste, un esprit naturellement très observateur pour remarquer la nymphe quitter le sable ou le gravier, s’élever lentement dans l’eau, animée seulement de quelques petits mouvements, pour venir en surface ou sur quelque pierre émergente ouvrir sa dernière parure de larve et sortir enfin insecte parfait, mais non encore revêtu de ses attraits nuptiaux. Bien peu de pêcheurs ont vu cela, et pourtant combien de fois ce phénomène se produit-il quand il y a éclosion !

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Et d’abord, quand y a-t-il éclosion ?

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La pêche au ver rouge

Pierre Melon

Août 1948

Quand le torrent est en crue, tous les pêcheurs savent ça, il n’y a que le ver pour la truite. Embroché tout de son long sur un hameçon de grande taille, le pauvre ver n’en mène pas large, si j’ose dire. Il est mort, tout ce qu’il y a de plus mort, et, en temps normal, dans les eaux claires, une truite digne de ce nom ne se dérangerait pas pour un ver de si pauvre apparence.

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Mais, avec les hautes eaux, il passe beaucoup de vers qui n’en valent pas mieux, venus de dix, vingt, parfois cent mètres plus haut, arrachés à la terre des berges et roulés contre les cailloux, coincés un quart d’heure dans une fente de rocher d’où le courant finit par les arracher, et, quand ils passent devant la truite, ils ne se différencient en rien de leur frère tassé sur la courbe de l’hameçon.

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