Vérification avant ouverture

M. R. PORTIER, journaliste presse écrite dans un mensuel de Janvier 1952

Revue de matériel.

Dans nos pays du Centre et même dans la plus grande partie de la France, c’est en janvier que l’hiver est presque toujours le plus rigoureux. On pêche peu en ce mois, à part certains intrépides qui recherchent le brochet ou le saumon dès l’ouverture légale de sa pêche.

Mais le pêcheur vraiment épris de son art y pense toujours et profite de son repos forcé pour revoir tout son matériel. Certains l’oublient. Ils disent : « L’ouverture est loin, nous avons bien le temps d’y penser. » Erreur manifeste et regrettable. Quand l’ouverture s’approchera, les grandes firmes d’articles de pêche seront surchargées. Si elles acceptent vos commandes ou réparations, celles-ci devront subir un retard considérable et, parfois, ne pourront être prêtes à temps.

Le pêcheur prévoyant doit donc examiner son matériel, voir ce qui lui manque et le commander au plus tôt, tout en exécutant tout ce que sa compétence lui permet de faire par ses propres moyens.

Cannes.

— Sont à vérifier toutes celles qui donnent des signes de fatigue. Les viroles sont toujours des points faibles ; beaucoup seront à recoller et à consolider à la base par des tours de fil poissé recouverts de vernis copal ou de ripolin. Il en sera de même de toute fente constatée, en serrant énergiquement le fil.

Les anneaux seront à traiter de la même manière et tous ceux affaiblis par le frottement à changer. Le porte-moulinet peut avoir pris du jeu ; il faut le revisser et l’assujettir avec soin. Le talon de la canne gagne à être muni d’une petite sphère de caoutchouc ou de bois dur, vissée solidement ; l’équilibre de l’engin s’en ressentira. Les cannes à mouches, en bambou refendu, seront soigneusement revernies au ripolin vert. Les anneaux d’agate ou de porcelaine des cannes à lancer seront examinés, consolidés et changés s’il y a lieu.

Moulinets.

— Tous sont à voir avec le plus grand soin. Les démonter et les nettoyer à l’essence, les sécher et graisser à l’huile d’horlogerie, avant de les remonter avec soin ; leur fonctionnement doit être parfait, surtout quand ils sont destinés à la pêche au lancer, sinon gare aux « perruques ». Si l’on ne sent pas assez expert pour exécuter ce minutieux travail, les envoyer en fabrique et en même temps commander les autres modèles dont on peut avoir besoin.

Soies.

— Vérifier les soies qui garnissent les moulinets ; supprimer toute partie faible ou éraillée et veiller à leur siccité ; si elles paraissent de longueur insuffisante, s’en procurer d’autres, commander en fabrique tous les rouleaux de soie au cordonnet, dont on croira avoir besoin pour la saison prochaine ; ainsi on sera paré.

Lignes.

— Selon les genres de pêche auxquels il se livre, l’amateur se procurera des rouleaux de « nylon », de « catgut » de forces différentes ; il lui faudra aussi des crins japonais, des florences, des racines anglaises, des bas de ligne tout faits.

S’il ne se sent pas capable de monter ses lignes lui-même, l’examen attentif d’un catalogue illustré lui montrera ce qu’il doit acheter.

Hameçons.

— Il en est de même pour les hameçons qu’il ne peut songer à fabriquer.

Si l’on pratique la grosse pêche de fond, il faut des haims forgés, bronzés et renforcés. La pêche aux fruits s’accommode de ceux du genre dit « de Pau ». La pêche à la volante demande des « crystal » de diverses tailles. La pêche à rôder, à mi-hauteur de l’eau, peut se contenter d’irlandais ordinaires ; les hameçons pour ablettes seront toujours très petits (nos 16 à 18). Pour pêcher la truite au ver, il faut des hameçons montés « à l’anglaise », sans palette.

La pêche au vif se fait avec des bricoles ou des grappins, en général de petite taille (9 à 7), sauf pour les gros brochets.

Il faudra également des grappins pour la pêche à la pâte ferme des gros poissons de fond.

Des montures sont parfois nécessaires ; une demi-douzaine du genre choisi n’est pas de trop pour toute la saison.

Il vous faudra encore des émerillons, des plombs de divers genres et tailles, une sonde, un anneau à décrocher.

Leurres.

— Chaque pêcheur a ses leurres de prédilection. Les uns emploient les devons, d’autres les cuillères, d’autres encore ces nouveaux modèles ondoyants ou à marche irrégulière ; consulter les catalogues.

Mouches artificielles.

— Certains les fabriquent eux-mêmes ; c’est un travail passionnant mais minutieux et difficile ; et puis il faut des soies, des plumes, du clinquant, du vernis, du fil poissé, etc. Si vous ne vous sentez pas l’habileté requise — cas le plus habituel, — consultez les catalogues et achetez-les.

Les mouches à saumons diffèrent des mouches à truites par leur taille et leur forme ; de même, les modèles de mouches sèches ou flottantes, de ceux des mouches noyées. Les premiers sont ordinairement à quatre ailes (collection Halford) ou tout au moins très fournies en poils ; il faut qu’elles surnagent.

Les mouches dites « araignées », très peu fournies en hackle, sont destinées à s’enfoncer rapidement et à pêcher entre deux eaux ; les catalogues vous renseigneront à cet égard.

Tous ces points divers, que nous venons seulement d’esquisser, sont à examiner par le pêcheur avec un soin scrupuleux, car les succès futurs en dépendront dans la plus large mesure ; répétons-le : nulle autre époque que janvier ne convient mieux pour le faire.

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